SASU et chômage : le cumul avec l’ARE est-il possible ?
sasu et chômage
SASU et chômage : le cumul avec l’ARE est-il possible ?

SASU et chômage : le cumul avec l’ARE est-il possible ?

Sommaire

Beaucoup de demandeurs d’emploi se demandent s’il est possible de lancer une SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) tout en continuant à percevoir l’ARE (Aide au Retour à l’Emploi). La réponse est généralement oui, mais sous conditions et avec une vigilance sur la façon dont vous vous rémunérez et sur vos déclarations à Pôle Emploi. Cet article récapitule les règles essentielles, la procédure pratique, les pièges à éviter et les alternatives possibles pour sécuriser vos droits.

Cadre légal et statut du président de SASU

Le président de SASU a, à la plupart des égards, le statut d’assimilé salarié. Cela signifie qu’il cotise au régime général de la sécurité sociale, mais qu’il n’est pas forcément affilié à l’assurance chômage en tant que salarié (sauf cas particuliers). Pour l’ARE, la question centrale porte sur la rémunération : si vous ne vous versez aucun salaire, vos allocations ne sont pas réduites pour cause de rémunération. Si vous vous versez un salaire, Pôle Emploi recalculera vos droits en prenant en compte les sommes perçues.

Comment Pôle Emploi calcule l’impact d’une rémunération

Le principe appliqué par Pôle Emploi est de compenser partiellement l’allocation par les revenus d’activité. Concrètement, chaque mois vous devez actualiser votre situation et déclarer le salaire brut (ou les revenus perçus) lié à l’activité. Pôle Emploi recalculera alors le montant d’ARE auquel vous avez droit ce mois-là en déduisant une partie du salaire déclaré. Selon le niveau de rémunération, l’ARE pourra être réduite partiellement, voire suspendue si le salaire devient supérieur à un certain seuil lié au salaire antérieur et aux règles de calcul.

Attention aux dividendes : les dividendes ne constituent pas un salaire mais restent des ressources à déclarer. Leur traitement peut différer et n’entraîne pas automatiquement la même réduction que la rémunération salariale, mais il est essentiel de déclarer toute ressource afin d’éviter un trop-perçu et des demandes de remboursement.

Procédure pratique : démarches à effectuer

  1. Déclarer immédiatement la création de votre entreprise sur votre espace personnel Pôle Emploi (signalement de création d’activité).
  2. Actualiser chaque mois votre situation en indiquant précisément le montant des rémunérations perçues au cours du mois et le nombre d’heures travaillées si nécessaire.
  3. Transmettre sur demande les justificatifs : extrait Kbis ou SIRET, relevé de situation, bulletins de salaire éventuels, relevés bancaires. Gardez tous les documents de paie et comptes séparés.
  4. Si vous choisissez de ne pas vous verser de salaire, maintenez bien l’actualisation mensuelle en précisant 0 euro de rémunération afin de conserver vos droits ARE non modifiés.
  5. Si vous vous versez un salaire, simulez l’impact avant de le fixer durablement. Un conseiller Pôle Emploi ou un expert-comptable peut vous aider à estimer le reliquat d’allocations.

Alternatives et dispositifs complémentaires

Plusieurs options existent selon votre situation :

  • ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) : vous pouvez opter pour le versement en capital d’une part de vos droits restants (en deux fois) au lieu du maintien mensuel de l’ARC’est souvent pertinent si vous avez besoin d’un apport initial pour lancer l’activité.
  • CSP (Contrat de Sécurisation Professionnelle) : dispositif réservé aux licenciements économiques qui offre un accompagnement et des garanties spécifiques.
  • ATI ou autres aides spécifiques pour dirigeants indépendants : des dispositifs existent pour certains profils de dirigeants en difficulté, mais ils sont soumis à conditions strictes. Vérifiez votre éligibilité avec un conseiller ou via les textes officiels.
  • Assurances privées perte de revenus : option coûteuse mais parfois intéressante pour sécuriser un revenu en cas d’échec de lancement.

Conseils pratiques et erreurs à éviter

Pour préserver vos droits et éviter les difficultés :

  • Déclarez tout sans tarder : retard ou omission peut conduire à un trop-perçu et à des demandes de remboursement.
  • Ne confondez pas salaire et dividendes : comprenez leur traitement fiscal et social, et déclarez les ressources effectivement perçues.
  • Faites une simulation avant de vous verser un salaire significatif : un salaire trop élevé peut annuler vos allocations et mettre en difficulté votre trésorerie.
  • Conservez tous les justificatifs de création et de rémunération (SIRET, Kbis, bulletins de salaire, extraits de compte).
  • Consultez un conseiller Pôle Emploi ou un expert-comptable pour cas complexes (associés multiples, rémunération variable, perception de dividendes).

Il est tout à fait possible de créer une SASU tout en conservant l’ARE, à condition de respecter les obligations de déclaration et d’être attentif au niveau de rémunération que vous vous versez. Planifiez, simulez l’impact sur vos allocations, informez Pôle Emploi dès la création et actualisez chaque mois. En cas de doute, faites-vous accompagner par un conseiller ou un expert pour sécuriser votre situation et choisir l’option (maintien mensuel, ARCE, assurance, etc.) la plus adaptée à votre projet.

Réponses aux interrogations

Puis-je créer ma SASU et toucher le chômage ?

Oui, créer une SASU tout en percevant le chômage, c’est possible et courant. Si vous ne vous versez pas de salaire, les allocations continuent, pas de cotisations sociales à payer et vous pouvez tester votre idée sans sauter dans le vide. On garde France Travail à l’œil, on déclare son activité, on met à jour son dossier, et on ajuste le business plan au fil de l’eau. Parfois on avance doucement, parfois on fonce, l’important c’est d’anticiper la bascule quand le chiffre d’affaires permet une rémunération et de ne pas se bloquer par peur. Et, oui, demandez conseil avant systématiquement.

Est-ce qu’un dirigeant de SASU peut toucher le chômage ?

En pratique, le président de SASU n’acquiert pas de droits au chômage classique, il ne cotise pas à l’assurance chômage. Ça surprend souvent, moi y compris la première fois, surtout après des années de salariat. Par contre, depuis 2019 existe l’ATI, une indemnisation exceptionnelle si la société est en difficulté et si plusieurs conditions strictes sont remplies. C’est rarissime mais utile à connaître, on regarde le dossier entreprise, les pertes, et on prépare son plan B. Bref, ne compter que sur l’ATI serait risqué, mieux vaut anticiper une transition et diversifier ses options. Demandez conseil à un conseiller spécialisé rapidement.

Quels sont les inconvénients de la SASU ?

La SASU a plein d’atouts, mais quelques inconvénients concrets. Le principal, c’est que dès que le président se rémunère, des cotisations sociales lourdes tombent, et ça peut plomber la trésorerie. Le régime protège bien, mais il coûte cher, point. Autre souci, la complexité administrative pour les novices, les statuts à bien rédiger (oui, ça se joue souvent là), et la séparation patrimoniale parfois moins automatique selon les garanties offertes. Enfin, si l’activité stagne, la facture sociale reste un poids. Moralité, prévoir un plan financier réaliste et anticiper la rémunération. N’hésitez pas à simuler différents scénarios et demander un avis expert.

Quel statut d’entreprise pour toucher le chômage ?

Il n’y a pas de statut magique pour toucher le chômage, mais des règles strictes à connaître. Pour un travailleur indépendant, il faut souvent justifier d’une activité non salariée continue pendant au moins deux ans dans la même entreprise pour prétendre à certaines compensations. Il faut être inscrit à France Travail, actualiser sa situation et montrer qu’on recherche activement un emploi. En clair, ce n’est pas automatique, c’est encadré et parfois long. Conseil pratique, bosser sa clôture administrative, conserver les preuves et anticiper un plan B, la transition professionnelle se prépare, elle ne tombe pas du ciel. Alors, agissez maintenant.

À propos de nous

Bienvenue sur notre blog d’entreprise, où nous partageons les dernières nouvelles, les tendances du marché, les conseils pratiques et les histoires inspirantes de notre entreprise et de notre industrie.

Copyright © 2023 | Tous droits réservés.